Burkina-Faso: Suivi de la mise en oeuvre du PIDCP
Published on 10 Feb 2025, 11:15 AM
Le CCPR Centre au Burkina Faso pour accompagner les acteurs de la société civile
André Kangni AFANOU, Coordinateur Afrique du CCPR Centre avec Mme Gonta Alida Henriette DA, Présidente de la CNDH Burkina-Faso.
Du 28 janvier au 1er février 2025, le Centre pour les droits civils et politiques (CCPR Centre) a effectué une mission au Burkina Faso, un pays marqué par un contexte sécuritaire tendu et une restriction croissante de l’espace civique. Justifiées par la lutte contre le terrorisme, ces restrictions ont un impact direct sur l’exercice des droits fondamentaux et sur la capacité des organisations de la société civile à mener leurs actions de plaidoyer.
Face à ces défis, le Centre a multiplié les rencontres avec des acteurs clés, notamment la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH), les organisations de la société civile (OSC) et les partenaires internationaux, dont la mission suisse au Burkina Faso. L'objectif de ces quelques jours passé à Ouagadougou était de renforcer la collaboration entre les acteurs de la société en vue de renforcer leur rôle lors de l'examen du Burkina Faso devant le Comité DH en mars 2025.
Rencontre avec la CNDH : pour un engagement plus structuré
Dans cet environnement délicat, la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH) joue un rôle fondamental dans la protection et la promotion des droits civils et politiques. Le 29 janvier, la présidente de la CNDH, Gonta Alida Henriette DA, a ainsi accueilli une délégation du Centre et quelques représentants de la société civile pour une séance de travail.
Au cœur des échanges, un passage en revue de la situation des droits civils et politiques ainsi que la nécessité d’un accompagnement technique et méthodologique pour favoriser la contribution des acteurs des droits humains à la formulation de recommandations pertinentes du Comité à l'endroit de l'Etat lors de la 143ᵉ session du Comité des droits de l’Homme des Nations Unies. Le représentant du Centre, André Kangni Afanou, a présenté l’approche de son organisation et son engagement à travailler en toute transparence avec les institutions publiques pour garantir un suivi rigoureux des engagements du Burkina Faso en matière de droits civils et politiques.
La CNDH a salué cette initiative et a souligné sa disponibilité à collaborer avec le Centre et les ONG nationales pour assurer le suivi de la mise en œuvre des recommandations après l’examen par le Comité des droits de l’Homme, ainsi qu’à mener des actions de sensibilisation et de vulgarisation auprès des acteurs nationaux, afin de maximiser l’impact du rapport et du plaidoyer.
À l’issue de la rencontre, les parties ont convenu de poursuivre cette collaboration afin de mieux structurer l’engagement des OSC et des institutions publiques dans le suivi des droits humains au Burkina Faso.
Une participation active des OSC à l'examen du Burkina Faso par le Comité des droits de l'homme
Cette mission du CCPR Centre au Burkina Faso a permis de renforcer la collaboration avec la société civile et d'assurer que sa particiaption à la session du Comité des droits de l'homme soit efficace. A ce titre un rapport a été envoyé aux experts du Comité. Ce rapport a été défendu par les représentants de la société civile lors des briefings formels et informels qui se sont tenus à Genève en amont de l'examen au début mars 2025.
Les ONG espèrent qu'au final, les recommandations du Comité des droits de l'homme feront écho à leurs préoccupations. Celles-ci seront largement diffusées par le Centre et ses partenaires dans le cadre des activités de suivi qui se tiendront au Burkina Faso en 2025 et en 2026.