Congo Brazzaville: Le CCPR Centre renforce les capacités et ouvre de nouvelles perspectives
Published on 08 Dec 2025, 03:00 PM
Relance du dialogue sur le PIDCP au Congo-Brazzaville
Le Coordinateur du CCPR Centre ainsi que le Président de l'ACAT Congo recu par l'Ambassadeur Bienvenu Roland Michel BIKOUMOU, Directeur de Cabinet du Ministère des affaires etrangères
Pour appuyer la République du Congo dans le respect de ses engagements internationaux au titre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), le CCPR Centre a conduit, du 24 au 29 novembre 2025, une mission stratégique à Brazzaville.
Cette mission avait un double objectif : renforcer les capacités des organisations de la société civile (OSC) et établir un dialogue technique avec les institutions nationales sur la relance du processus de rapportage au Comité des droits de l’homme (Comité DH).
Un contexte marqué par près de quarante ans sans rapport au Comité DH
Photo de famille des participants
Le Congo-Brazzaville n’a été examiné qu’une seule fois par le Comité DH, en 1986.
Depuis lors, aucun rapport périodique n’a été soumis, ce qui limite la visibilité internationale du pays et empêche un dialogue structuré avec les organes de traités.
Face à ce constat, le CCPR Centre a choisi de concentrer son action sur la mobilisation des acteurs nationaux autour du PIDCP, la relance des échanges institutionnels et l’appui technique aux OSC afin de renforcer leur rôle dans le suivi des engagements internationaux.
Renforcer les capacités : un atelier dynamique porté par un partenariat local
Vue partielle des participants en travaux de Groupe autour du Plan d'Action
Organisé conjointement avec ACAT Congo (dirigée par Christian Loubassou) et ADHUC (présidée par Alain Kombo), l’atelier de plaidoyer des 26 et 27 novembre a réuni des représentants d’OSC et d’organes consultatifs.
Comprendre les mécanismes onusiens et le rôle du PIDCP : Le CCPR Centre a animé une session introductive portant sur les organes des traités, les obligations qui découlent du PIDCP et les opportunités de participation pour la société civile. L’accent a été mis sur la valeur stratégique des rapports périodiques, les conséquences du retard de l’État et les leviers d’action pour relancer le processus.
Du plaidoyer à l’action : stratégies et outils : Christian Loubassou a présenté une méthodologie pratique de plaidoyer, adaptée au contexte institutionnel congolais. Les discussions ont porté sur l’identification des cibles, la construction d’argumentaires fondés sur les droits humains, la mobilisation des médias et la coordination inter-OSC.
Une feuille de route nationale adoptée par les participants
Les travaux de groupe ont permis d’élaborer une feuille de route visant à solliciter des informations actualisées auprès des autorités, structurer une coalition d’OSC autour du PIDCP, renforcer la visibilité du processus auprès du public et des partenaires internationaux, préparer, à terme, un rapport alternatif préliminaire.
Cette approche collaborative a permis de construire une dynamique de plaidoyer durable au-delà de l’atelier.
Relancer le dialogue institutionnel : des signaux positifs, des défis persistants
La délégation en discussion avec le Secretaire Permanent du Conseil Consultatif de la Societe Civile et des ONG
En marge de l’atelier, le CCPR Centre a engagé des échanges avec différentes institutions nationales pour encourager une reprise du reporting au Comité DH.
Un échange constructif avec le ministère des Affaires étrangères : Le 25 novembre, le Directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères, l’Ambassadeur Bienvenu Roland Michel BIKOUMOU, a reçu le CCPR Centre. Les discussions ont mis en avant le rôle essentiel de la diplomatie congolaise dans la promotion des droits humains et la nécessité de renforcer la coordination avec le Mécanisme national de rapportage et de suivi (MNRS). Le Directeur de cabinet a réitéré que le Congo est prêt à honorer ses engagements et qu'à cet effet, il fera faire le suivi avec le département de la justice en charge des questions des droits humains.
Ministère de la Justice : un dialogue relancé après la mission: Bien qu’un rendez-vous prévu à Brazzaville n’ait pas pu se tenir, le plaidoyer conduit dans les jours qui ont suivi a permis une avancée déterminante. Le 4 décembre, le Directeur général des droits humains, M. Maixant TIBA, a reçu ACAT Congo.
Il a confirmé que le MNRS est opérationnel, les rapports au Comité contre la torture et au Comité DESC seront adoptés au premier trimestre 2026, la rédaction du rapport au Comité DH débutera immédiatement après. A cet effet, le ministère a souhaité recevoir du CCPR Centre une fiche technique pour définir un plan d’accompagnement.
Il s’agit d’un signal positif montrant une volonté institutionnelle de sortir du blocage actuel.
Conseil consultatif de la société civile et CNDH : des espaces de coopération à renforcer
Deux autres responsables d'Institutions ont recu le Coordinateur Afrique du CCPR Centre d'une part le Secrétaire permanent du Conseil consultatif de la société civile, M. Germain Céphat Ewangui avec qui les discussions ont porté sur les mécanimes pour que le Conseil puisse porter le plaidoyer des OSC auprès du gouvernement. Quant au Vice-président de la CNDH, M. Joseph Mavoungou, il a échangé avec le CCPR Centre sur les perspectives de coopération à partir de 2026.
Ces rencontres montrent l’existence d’un intérêt réel pour une approche plus coordonnée du suivi des recommandations internationales.
Un pas important vers la relance du dialogue avec le Comité DH
Photo après les échanges avec M.Joseph MAVOUNGOU, Vice Président de la CNDH
La mission a mis en lumière plusieurs enseignements : une mobilisation institutionnelle insuffisante demeure un obstacle, le contexte national est favorable à une relance du reporting, avec deux rapports déjà finalisés et la nécessité d'une stratégie coordonnée entre ministères, OSC et organes consultatifs est indispensable.
Pour 2026, le CCPR Centre envisage un dialogue renforcé avec le MNRS et les ministères compétents pour soutenir la rédaction du rapport au Comité DH, un accompagnement technique aux OSC dans la mise en œuvre de la feuille de route adoptée, la construction d’un cadre permanent d’échanges entre institutions et société civile et une collaboration élargie avec la CNDH et le Conseil consultatif.
La mission du CCPR Centre à Brazzaville marque une étape décisive : elle crée un cadre de travail commun, relance les contacts institutionnels et donne aux OSC les outils nécessaires pour accompagner l’État dans un processus qui n’a plus avancé depuis près de quarante ans.
Dans un contexte régional marqué par des attentes croissantes en matière de droits civils et politiques, le Congo-Brazzaville dispose aujourd’hui d’une opportunité réelle pour renouer avec le Comité DH, et renforcer la place des droits humains dans la gouvernance publique.