Togo : Mécanismes onusiens de protections des droits humains désormais accessibles aux journalistes

Les médias mobilisés pour renforcer le monitoring des recommandations de l'EPU et des organes conventionnels

Comment suivre la mise en œuvre des recommandations de l’Examen Périodique Universelle (EPU) et des organes des traités ? La question était au centre d’un atelier de formation pour les professionnels des médias à Lomé en décembre 2017.

En 2016, le gouvernement togolais a présenté son rapport sur la situation des droits de l’homme dans le cadre du deuxième cycle de l’examen périodique survenu en octobre 2016. A la suite de cet examen des recommandations ont été adoptées par le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies.

Parmi les recommandations portant sur les droits civils et politiques, figurent celles traitant de la liberté de manifestation et d’expression, le processus de réconciliation, la lutte contre la torture et l’impunité, les groupes vulnérables notamment.

Dans le souci de permettre aux journalistes de cerner l’apport de la société civile sur le suivi des recommandations et d'évaluer leur mise en œuvre, le Centre a initié une formation à l’endroit des professionnels des médias.

Cette activité a permis d’obtenir de renforcer les capacités de 16 journalistes ainsi que d'élaborer conjointement des plans d'action pour les média en vue de vulgariser et monitorer le suivi des recommandations.

"Nous savons que dans les autres pays où le Centre intervient, il y a eu des acquis et des défis mais aussi des bonnes pratiques en matière de communication que vous ne manquerez pas de partager avec les médias togolais."

- Madame Nakpa Polo, en précisant compter sur l’expérience du Centre

Renforcement de capacités de 16 professionnels des médias

L’atelier a permis aux participants de disposer de connaissances nouvelles sur les mécanismes onusiens de protection des droits de l’homme. Le processus, le mode de fonctionnement ainsi que les rôles respectifs des instances étatiques et non étatiques (société civile notamment), dans chacun de ces mécanismes a été exposés aux journalistes. Ils ont aussi eu l’occasion d’avoir des informations sur les activités menées par certaines organisations de la société civile avant, pendant et après l’EPU. L’ACAT et le CACIT, dans leurs partages d’expériences, ont ainsi pu exposer aux journalistes les grandes étapes ayant marqué la production des rapports alternatifs envoyé au Conseil des droits de l’homme, les enjeux sur lesquels ils ont mis l’accent et surtout les actions de plaidoyers qui ont été menées pour faire approprier les propositions de recommandations par les Etats membres du Conseil.

Il a été précisé que le dialogue entre le Togo et les mécanismes onusiens (EPU, CDH et CAT surtout) a favorisé des avancées notables dans la modernisation dans la législation : adoption d’un nouveau code pénal, code de déontologie pour les médias, une nouvelle loi sur la Haute Autorité de l’Audio Visuel et de la Communication, amélioration du fonctionnement de la Commission Nationale de Droits de l’Homme et sa conformité aux principes de Paris, mise en place d’un Mécanisme national de prévention de la torture, adoption de la loi portant aide juridictionnel, construction d’une nouvelle prison à Kpalimé respectant les standards internationaux etc.

Adoption de feuilles de route concrètes pour suivre les évolutions dans le pays

Forts des différentes connaissances ainsi acquises, les journalistes ont élaboré chacun des plans d’action pour une implication efficace dans la vulgarisation et le suivi de la mise en œuvre des recommandations de l’EPU. Ces plans d’actions prévoient une diversité d’activités notamment des reportages et documentaires, des rencontres de restitution au sein des rédactions, la publication d’articles et d’interviews dans leurs organes et sur les réseaux sociaux, les campagnes de sensibilisation et d’information dans les milieux ruraux ainsi que des activités de plaidoyer. La plupart des activités ainsi prévues devraient se tenir entre janvier et mars 2018.

A la fin de la formation, un journaliste a pu relever que cet atelier est non seulement à saluer mais aussi à encourager. En témoigne cette déclaration « l’EPU et les organes des traités, sont des mécanismes qui influencent beaucoup la situation des droits de l’Homme dans le pays. Mais nous sommes loin d’en maitriser les contours. Bien des fois, il nous est même arrivé de les confondre. Mais avec les diverses communications de cet atelier, nous sommes à même de saisir les subtilités de l’exercice et surtout de suivre les recommandations faites à notre pays et en parler si nous avons l’impression que ça n’avance pas ».    

André Afanou a renouvelé ses remerciements à l’Ambassade de Suisse au Togo basée à Accra qui a financé cette activité avant de souligner qu’il sort satisfait du déroulement et des résultats de l’atelier : «Désormais, nous avons une Feuille de route concrète élaborée par les professionnels eux-mêmes et nous pouvons ainsi suivre au quotidien, ensemble avec eux, les évolutions ou les défis dans le pays dans le processus de mise en œuvre des recommandations».  

Rappelons que cette formation a lieu en étroite collaboration avec plusieurs associations de la société civile togolaise notamment la Commission Episcopale Justice et Paix (CEJP), le Centre de Documentation et de Formation sur les Droits de l’Homme (CDFDH), Alternative Leadership Group (ALG), la Clinique d’Expertise Juridique et Sociale (CEJUS). 

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